La logique de la fiscalité en 2026
Toutes les évolutions récentes vont dans le même sens : pousser les entreprises à renouveler leur parc avec des modèles moins émetteurs.
L’État alourdit progressivement la charge des véhicules thermiques (taxes annuelles, malus à l’achat) tout en maintenant des avantages substantiels pour l’électrique. Concrètement, la fiscalité se joue à trois moments : à l’achat (malus éventuel), chaque année (taxes annuelles, amortissement, avantage en nature) et à l’usage (TVA sur l’énergie).
La fin de la TVS : deux taxes annuelles
On parle encore de « TVS », mais cette taxe n’existe plus sous ce nom. Elle est remplacée par deux taxes annuelles sur l’affectation des véhicules à des fins économiques.
La première, la taxe sur les émissions de CO₂, dépend du taux de CO₂ : plus il est élevé, plus la taxe l’est, avec un barème qui se renforce chaque année jusqu’en 2027. Les véhicules 100 % électriques et à hydrogène en sont totalement exonérés. En revanche, depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables ne bénéficient plus d’aucune exonération, quel que soit leur niveau d’émission. Les véhicules au superéthanol E85 profitent d’un abattement de 40 % sur leurs émissions retenues (sous 250 g/km).
La seconde, la taxe sur les polluants atmosphériques, dépend de la catégorie Crit’Air. Les électriques (vignette verte « 0 émission ») y sont les mieux traités, les motorisations les plus anciennes les plus taxées.
L'amortissement : combien déduire ?
Quand une entreprise achète un véhicule, elle en déduit le coût de son résultat imposable sur plusieurs années (généralement cinq) : c’est l’amortissement. Mais l’administration plafonne la part déductible selon les émissions de CO₂. Au-delà, la fraction n’est pas déductible et alourdit l’impôt. Les plafonds 2026 récompensent nettement l’électrique :
- 30 000 € pour un électrique (≤ 20 g/km)
- 20 300 € pour certains hybrides rechargeables peu émetteurs
- 18 300 € pour un thermique intermédiaire
- 9 900 € pour les plus polluants
Base amortissable supplémentaire pour un électrique versus un thermique intermédiaire.
Le malus à l'immatriculation : CO₂ et masse
Contrairement à la TVS, le malus n’a pas disparu : il s’est durci. Il se règle une fois, à la première immatriculation, et comporte deux volets.
Le malus CO₂ se déclenche dès 108 g/km en 2026 (contre 113 g en 2025), avec un plafond de 80 000 € pour les plus émetteurs (≥ 192 g/km). Le seuil baisse chaque année. Le malus au poids s’applique aux thermiques au-delà de 1 500 kg, selon un barème progressif (10 €/kg de 1 500 à 1 800 kg, 20 €/kg jusqu’à 2 100 kg, puis 30 €/kg). Les hybrides rechargeables (autonomie supérieure à 50 km) bénéficient d’un abattement de 200 kg. Les électriques et l’hydrogène en sont totalement exonérés en 2026. Le cumul des deux malus est plafonné à 80 000 €. Sur un SUV thermique lourd, l’addition peut représenter plusieurs milliers d’euros dès l’achat.
Déclenchement du malus CO₂. Le seuil baisse chaque année.
Plafond du malus CO₂ + malus au poids cumulés.
Exonération totale des deux malus pour les véhicules 100 % électriques.
Avantage en nature et TVA
Lorsqu’un véhicule de fonction est mis à disposition d’un salarié pour son usage personnel, cela constitue un avantage en nature soumis à charges et à l’impôt. Jusqu’au 31 décembre 2027, les électriques bénéficient d’un abattement de 70 % sur cet avantage, plafonné à 4 641,60 € par an (valeur au 1er janvier 2026), sous réserve d’un éco-score minimal. Mieux : l’électricité de recharge payée par l’employeur n’entre pas dans le calcul, contrairement au carburant.
Côté TVA, elle n’est pas récupérable sur l’achat d’un véhicule de tourisme (elle l’est sur les utilitaires), mais elle est récupérable à 100 % sur l’électricité de recharge des électriques et hybrides rechargeables, dès lors que la facture est au nom de l’entreprise. Sur l’essence et le gazole, la récupération est alignée à 80 %.
Abattement sur l'avantage en nature, plafonné à 4 641,60 € par an. Recharge employeur exclue du calcul.
Bonus et aides : ce qui a changé
Attention à une idée reçue : le bonus écologique est supprimé pour les entreprises depuis le 2 décembre 2024. Il ne faut plus le présenter comme un argument d’achat. Les aides reposent désormais sur les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), avec des dispositifs spécifiques pour les utilitaires électriques (parfois plus de 4 000 €).
Thermique ou électrique : le comparatif chiffré.
| Critère fiscal | Véhicule thermique | Véhicule 100 % électrique |
|---|---|---|
| Taxe annuelle CO₂ (ex-TVS) | Due, croissante avec les émissions | Exonéré |
| Taxe polluants atmosphériques | Due selon Crit'Air | Vignette « 0 émission », la moins taxée |
| Malus CO₂ et malus au poids | Applicables, durcis chaque année | Exonéré en 2026 |
| Plafond d'amortissement | 9 900 à 18 300 € | 30 000 € |
| Avantage en nature | Barème plein, carburant inclus | – 70 %, recharge exclue (plafond 4 641,60 €/an) |
| TVA sur l'énergie | Carburant : 80 % | Électricité : 100 % |
| Bonus écologique entreprise | Sans objet | Supprimé depuis fin 2024 (aides CEE) |
Un exemple concret : SUV thermique vs SUV électrique.
Une PME renouvelle un véhicule de direction et hésite entre un SUV diesel et un SUV électrique équivalent, autour de 60 000 € :
- À l’achat : le diesel supporte un malus CO₂ et un malus au poids pouvant cumuler plusieurs milliers d’euros. L’électrique : 0 €.
- À la déduction : 18 300 € amortissables pour le diesel, contre 30 000 € pour l’électrique. Plus de 10 000 € de base déductible en plus.
- Chaque année : le diesel paie la taxe CO₂, l’électrique en est exonéré.
- Pour le dirigeant : l’avantage en nature de l’électrique est allégé de 70 %, là où le diesel est taxé sur une base pleine.
Sur la durée de détention, l'écart de TCO en faveur de l'électrique atteint couramment plusieurs milliers d'euros, même avec un prix d'achat de départ un peu plus élevé.
Bornes et accompagnement.
La loi LOM et le décret IRVE imposent progressivement d’équiper les parkings d’entreprise en points de recharge. Le programme Advenir reste actif en 2026 mais recentré : les bornes pour flottes ou salariés sur parking privé d’entreprise ne sont plus financées depuis 2023, tandis que d’autres cas (poids lourds, copropriétés) restent éligibles. Nos conseillers vous accompagnent pour dimensionner et installer votre solution de recharge.
Les six points clés de la fiscalité 2026.
- La TVS n'existe plus : deux taxes annuelles la remplacent, avec un barème qui se renforce jusqu'en 2027.
- Les hybrides rechargeables ne sont plus exonérés depuis le 1er janvier 2025.
- L'amortissement plafonné à 30 000 € pour l'électrique reste un avantage majeur.
- Le malus à l'immatriculation se durcit chaque année (seuil 108 g/km en 2026, plafond 80 000 €).
- L'AEN électrique conserve son abattement de 70 % jusqu'au 31 décembre 2027.
- Le bonus écologique entreprise est définitivement supprimé depuis fin 2024.